Ecole de la deuxième chance : se former autrement
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Ordinateur formation

L'école de la 2e chance, une étape essentielle dans le parcours d'insertion de ces jeunes

 

Travail autour du numérique, coaching sportif, maraude pour les sans-abris… Les stagiaires de l’école de la 2e chance du Val-de-Marne (e2c94) développent leur projet professionnel et leurs aptitudes à l’emploi en apprenant différemment.

 

Les jeunes accueillis à l’école de la deuxième chance ont pour point commun d’avoir des parcours scolaires ou personnels sinueux. “Les projets que nous développons sont l’occasion, pour eux, de prouver qu’ils ont leur place dans la société et qu’ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice, précise Priscilla Traverso, l’une des responsables de l’école. Ces initiatives font partie intégrante de la formation des jeunes stagiaires.

 

Développer des partenariats, s’exercer à présenter un projet à une entreprise, convaincre de son utilité, voilà une manière pertinente d’apprendre différemment !” Pour faire avancer ses stagiaires dans leur vie professionnelle, l’école a “plus d’un tour dans son sac”. Parmi eux, figure notamment le développement de partenariats avec des structures locales. Récemment, l’école a ainsi bénéficié d’un don de dix ordinateurs de la part d’Enedis (ex-EDF), qui s’est associée pour l’occasion avec Econocom et Ateliers Sans Frontières.

 

Cette initiative, qui s’inscrit dans une démarche plus large sur l’accès au numérique dans le département, va permettre aux jeunes de bénéficier d’ateliers autour de la rédaction de lettres de motivation, de CV et des process de recrutement en ligne. Dans le même esprit, l’école a signé le mois dernier une convention de partenariat avec l’association “J’ai un rêve”, créée par la championne de natation synchronisée, Muriel Hermine.

 

Reprendre confiance

 

Ensemble, elles proposent aux stagiaires un coaching sportif de haut niveau : “Baptisé «J’ai ma chance», ce projet constitue une expérience innovante, visant à permettre aux jeunes de reprendre confiance en eux, souligne Muriel Hermine. L’objectif est de leur transmettre les techniques utilisées par les grands champions, de leur donner des outils pour avancer, pour y croire et structurer leur projet.”

 

Goût du travail, sens de l’effort et de la persévérance, capacité à rebondir, voilà les clés de la réussite pour des athlètes de haut niveau. C’est aussi ce dont devront faire preuve les stagiaires, tout au long de leur parcours, afin de réussir leur future insertion professionnelle.

 

Réapprendre le goût du travail, le sens de l'effort et reprendre confiance en soi.

 

Développer l’implication citoyenne

 

Et ce n’est pas tout. Avec le projet “Grand Froid”, l’école entend développer l’implication citoyenne des 320 jeunes qu’elle accueille chaque année et qu’elle accompagne tout au long de leur parcours. Ainsi, le 16 février dernier, une dizaine de stagiaires de l’école partaient en maraude à la rencontre des sans-abris, pour la troisième fois en deux mois.

 

Encadrés par leur formateur et des bénévoles de l’association “La Relève de Coluche”, ces jeunes, sortis du système scolaire, mais bien décidés à construire leur avenir professionnel, ont sillonné les rues du département pour venir en aide aux plus démunis : “Cette action Grand Froid, ce sont eux qui l’ont imaginée, ce sont eux qui l’ont mise en place, se félicite Priscilla Traverso. L’enjeu était tout autant d’aider les plus démunis à se protéger du froid que de les soutenir moralement.”

 

Tout commence en décembre, lorsque les premiers frimas de l’hiver se font rudement sentir. Un petit groupe de volontaires se constitue naturellement. Objectif : réfléchir à la manière de venir en aide aux plus démunis. Une réunion bimensuelle permet alors de confronter les propositions et de s’accorder sur l’idée des maraudes. Distribution de flyers, rencontres avec des salariés du voisinage, dépôts de cartons à l’entrée des bureaux… La grande collecte de vêtements et de couvertures se met en place auprès des entreprises partenaires de l’école.

 

“Beaucoup d’entreprises n’ont pas hésité à apporter leur soutien, ajoute PriscillaTraverso. Les jeunes ont récupéré des dizaines et des dizaines de cartons de vêtements.” À titre d’exemple, GRDF Val-de-Marne a fait don d’une cinquantaine de vêtements professionnels. Le bailleur social Valophis a mis en place une quinzaine de points de collecte dans ses agences. Même solidarité du côté de la Caf, de l’entreprise Deramaix ou de l’Euro Hôtel Paris Créteil qui, tous, ont apporté leur contribution à la collecte. Au final, une “initiative exemplaire en matière de solidarité, mais très précieuse aussi d’un point de vue pédagogique”, se réjouit-on à l’école.

 

 

L’e2c94 : une école différente

Implantée à Créteil et Orly, l’e2c94 accueille plus de 300 jeunes par an. Âgés de 18 à 25 ans, sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification, ils sont volontaires pour construire un projet professionnel favorisant leur accès à un emploi durable ou à une formation qualifiante.

Ils sont, chacun, accompagnés par un formateur-référent. Leur parcours, individualisé, tient compte de leurs acquis préalables et de leur projet. Il alterne acquisition des savoirs de base, activités sportives, culturelles et stages en entreprises. En 2016, 64% d’entre eux avaient trouvé un emploi ou une formation qualifiante à l’issue de leur parcours.

 

Créteil, Vivre Ensemble n°371 - Avril 2017