Handicap : Toujours plus d’intégration
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photo des activités

Sport, logement, voirie, emploi, à Créteil tout est mis en oeuvre pour garantir l'égalité des droits entre les citoyens.

 

Qu’il s’agisse de favoriser dans son ensemble l’intégration des personnes handicapées dans la cité ou de répondre plus spécifiquement aux problématiques de santé mentale ou de handicaps sensoriels, la Ville ne cesse d’intensifier ses efforts et de multiplier les initiatives. Tour d’horizon et bilan des actions entreprises.

 

Solidarité, équité, cohérence sociale : plus qu’une obligation légale instituée par la loi handicap du 11 février 2005, l’intégration des personnes atteintes de différentes formes de handicap est une volonté forte de la Ville depuis plusieurs années déjà. “À Créteil, cette préoccupation s’inscrit dans une démarche à long terme et fait partie intégrante du projet urbain. Logement, voirie, emploi, sport… Rien n’a été oublié pour que l’égalité des droits entre les citoyens ne reste pas un vain mot”, ainsi que le résume le bilan 2016 des actions entreprises en matière de handicap. La Ville dispose de structures et de documents-cadres fondamentaux : une Charte handicap en 1989, traduisant l’engagement à mettre en œuvre une politique volontariste, une mission Handicap, cellule opérationnelle du Centre communal d’action sociale (CCAS) assurant un lien direct entre la Ville, les associations et les acteurs institutionnels, ainsi qu’une Commission d’intégration des personnes handicapées (CIPH).

 

Cette instance se réunit plusieurs fois par an (quatre fois en 2016), en plénière ou en groupes de travail autour de thématiques comme “Animation et vie sociale” ou encore “Urbanisme, travaux et accessibilité”. Ce dernier groupe de travail dispose en outre d’une enveloppe de 55 000 €. Objectif : financer des travaux sur la voirie. Après débats, un certain nombre d’entre eux ont été réalisés sur la demande des membres de la CIPH (aménagement de l’accès aux locaux du Club des seniors, rue Gounod, réaménagement des traversées piétonnes, rues Cardinaud, Porte-Dîner et Camille-Dartois, etc.).

 

Accessibilité et intégration des enfants handicapés

 

En concertation avec les partenaires institutionnels, un Plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics (PAVE) a par ailleurs été élaboré entre 2012 et 2013. Avec un budget alloué de 100 000 € pour 2016, celui-ci s’est concentré autour des pôles générateurs de déplacements. D’autre part, six nouvelles places de stationnement réservé ont été créées, portant leur nombre à 464 sur l’ensemble du territoire cristolien (soit 5,5% du total des emplacements). Dix nouveaux carrefours ont été dotés de feux de signalisation sonore. Se déplacer plus facilement, c’est bien. Mais accéder aux équipements en ville, c’est encore mieux. Au 31 décembre 2016, le taux moyen d’accessibilité des 130 établissements recevant du public (ERP) de la Ville et du CCAS a ainsi été estimé à 69%.

 

Une grande partie des investissements à venir portera sur la mise en accessibilité des écoles (58% du budget), des équipements sportifs (17%), des structures occupées par le CCAS (13%) et des bâtiments à vocation culturelle (7%). Autre objectif visé, l’intégration des enfants handicapés. L’effort constant de la Ville en la matière s’illustre, notamment, avec la nette augmentation du nombre de petits Cristoliens admis dans les structures dédiées. Le service de la Petite Enfance a ainsi accueilli 20 enfants porteurs de handicap sur l’année 2015-2016. Trois auxiliaires de puériculture spécialisées ont été recrutées dans les haltes-garderies. En 2016, 52 enfants ont été reçus dans les accueils de loisirs (ALSH) et lors des temps périscolaires, pour un coût de 110 651 € (contre 105 183 € en 2015).

 

photo des aménagements

 

Logements et pratiques sportives adaptés

 

Également revue et corrigée, l’accessibilité au logement. Lorsqu’un appartement est disponible, les aménagements dont il dispose sont systématiquement évalués. Une visite peut être effectuée afin de voir si des travaux sont nécessaires. L’an passé, 70 personnes ou familles (contre 43 en 2015) ont été relogées dans des appartements adaptés. Cette hausse s’explique aussi par la livraison de nouveaux programmes, désormais plus accessibles. L’emploi a également bénéficié de mesures particulières. C’est ainsi que la Ville emploie 11,09% de personnes en situation de handicap et le CCAS 8,93%. C’est bien plus que l’obligation légale de 6%.

 

Côté santé, on notera essentiellement la création, fin 2015, d’un Conseil local de santé mentale pour accompagner les personnes en difficulté psychique (cf. p. 27). La possibilité de pratiquer une activité sportive a par ailleurs été renforcée. Plus de 13 associations ont ainsi pu utiliser les structures sportives de la Ville durant l’année scolaire 2015-2016, soit 968 heures planifiées. L’USC Sport Handicap et l’Association des aveugles de Créteil (AAC) proposent, quant à elles, une discipline sportive adaptée au handicap, avec respectivement le basket fauteuil et la céci-pétanque. Les sections de l’US Créteil intègrent, de leur côté, une soixantaine de personnes en situation de handicap (enfants et adultes confondus). Et parce que la sensibilisation de tous joue un rôle primordial dans notre société, on notera l’organisation d’une “Journée de sensibilisation aux handicaps sensoriels” (cf. ci-contre).

 

Le conseil local de santé mentale

 

Depuis quelques mois, le service Prévention-Santé du CCAS déploie son Conseil local de santé mentale, véritable espace de concertation et de coordination entre les acteurs de la santé mentale pour répondre à une forte demande du terrain.

 

Le 4 octobre dernier, à l’occasion d’une assemblée plénière, le Conseil local de santé mentale (CLSM) a officiellement été installé. Élément structurant du volet santé mentale du Contrat local de santé, il a été mis en place pour répondre aux différentes formes de souffrances psychosociales touchant des populations vulnérables, en situation d’exclusion sociale ou éprouvant des difficultés d’accès aux soins. Son objectif est de réunir autour d’une même table les différents acteurs (de près ou de loin) de la santé mentale (services publics de psychiatrie, associations, intervenants sociaux, professionnels de santé, élus, usagers, bailleurs…) afin de créer un espace de concertation et de coordination. “Le Conseil local de santé mentale a pour mission de favoriser le décloisonnement de la santé mentale et des politiques menées sur le territoire, l’accès aux soins et le travail entre les partenaires concernés”, explique Sylvie Brault, responsable du service Prévention-Santé du CCAS dont dépend le CLSM.

 

Répondre à des situations complexes

 

Afin de coordonner le CLSM, la Ville a recruté, il y a un an, une psychologue dont le poste est financé à 50% par l’ARS (Agence régionale de santé) pendant deux ans. Depuis lors, cette professionnelle a rencontré l’ensemble des partenaires pour présenter les objectifs du conseil, mais aussi recenser les besoins des intervenants. “Les principales problématiques émergentes sont les difficultés de communication entre les différents services, souvent en raison du secret médical, les expulsions de personnes souffrant de troubles psychiques, mais également une forte demande de sensibilisation et de déstigmatisation des troubles mentaux”, précise Céline Lighezzolo, la psychologue. C’est en s’appuyant sur trois fiches-actions, proposées par l’ARS, qu’elle compte répondre aux différents besoins. Le premier axe fort du dispositif est la création d’une cellule des cas psychosociaux complexes. Cette cellule est composée de membres permanents – le chef de secteur représentant la psychiatrie publique adulte du groupe Chenevier-Mondor, un médecin du conseil de l’Ordre, un fonctionnaire du CCAS, la coordinatrice, l’Unafam*, l’Espace des Solidarités (EDS) – et d’invités concernés par les dossiers à l’ordre du jour. À raison d’une réunion par mois environ (la première s’est tenue en octobre dernier), la cellule est chargée d’examiner de manière partenariale des situations individuelles complexes et de créer un réseau pluridisciplinaire afin d’apporter les réponses les mieux adaptées possible.

 

La deuxième fiche-action concerne la mise en place d’une commission de maintien au logement qui doit permettre, dans la mesure du possible, de maintenir la personne en difficulté psychique à son domicile tout en l’aidant à s’intégrer. Un objectif qui nécessite un travail étroit avec les bailleurs sociaux. Enfin, troisième et dernier axe de travail, la création d’une commission d’information et formation. Un questionnaire, réalisé par le service Prévention-Santé, a révélé une forte demande du grand public, mais également de certains professionnels, d’être mieux informés sur les maladies mentales. Le rôle de cette commission est donc d’apporter aux Cristoliens des informations sur les troubles psychiques et de sensibiliser les professionnels de la santé, du secteur social ainsi que ceux des secteurs travaillant au plus près de la population. Le CLSM embrasse, on le voit, de grands objectifs pour lesquels le CCAS a déjà développé de nombreux outils et dispositifs destinés à répondre à une forte demande du terrain.

 

* Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques