Parcs et Jardins

Des espaces naturels et entretenus

De nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement continuent d’être développées par le service des Parcs et Jardins. Avec les zones naturalisées et l’arrosage maîtrisé, les 240 agents de la Ville interviennent au plus près des besoins des végétaux.

 

Des coquelicots, du sarrasin ou de la mauve sur les bords de la chaussée ? Vous ne rêvez pas, vous êtes bien à Créteil. Si ces fleurs champêtres apparaissent dans notre ville, c’est qu’elles trouvent leur équilibre dans des parcelles gérées de façon plus naturelle. Les jardiniers, qui n’utilisent plus d’engrais chimiques et très peu de pesticides depuis 2007, continuent de mettre en pratique des méthodes plus douces et plus économes en eau pour l’entretien des 196 hectares d’espaces verts cristoliens.

 

Des prairies en faveur de la biodiversité

 

Comme toute activité humaine, l’entretien des espaces verts consomme de l’énergie et certaines pratiques peuvent être défavorables au maintien et au développement de la biodiversité, comme l’entretien des gazons qui nécessite des traitements chimiques, des tontes et un arrosage réguliers. Les gazons courts et denses, comme ceux des golfs ou des terrains de football, sont de véritables déserts biologiques ! Les insectes ne peuvent s’y développer et la diversité végétale y est des plus réduites.

 

Alors pourquoi tondre tous les espaces verts de manière identique alors que certains endroits peu fréquentés ou peu accessibles, comme les talus, peuvent être traités de manière plus naturelle ? Depuis 2008, le service des Parcs et Jardins a donc expérimenté la création de zones naturalisées, sortes de prairies naturelles. Il s’agit de laisser pousser la végétation, tout en contrôlant l’apparition éventuelle des plantes indésirables et invasives telles que les chardons ou la renouée du Japon.

 

Les résultats de cette expérience ont été tellement probants qu’une cinquantaine d’espaces ont été convertis en zones naturalisées comme la butte du Palais, le talus du Jeu-de-Paume, les bords de Marne ou certaines parties des berges du lac. Depuis, les promeneurs ont l’agréable surprise de voir réapparaître une végétation diversifiée et même trois variétés d’orchidées sauvages, l’orchis bouc, l’ophrys abeille et l’orchidée pyramidale, tout comme des insectes butineurs.

 

Un patrimoine vivant à entretenir

 

Laisser la nature agir ne veut pas dire ne plus intervenir. “Notre objectif est de trouver le juste équilibre entre préservation de la biodiversité, limitation des «mauvaises herbes» et gestion raisonnée de l’eau”, explique Nicole Geniez, directrice adjointe du service des Parcs et Jardins.

 

Les zones naturalisées sont surveillées de près et entretenues ; elles sont d’ailleurs facilement repérables grâce à leur bordure tondue.


la moutarde sert d'"engrais vert", comme ici sur
l'avenue du Maréchal-Foch

Et, en matière de suivi de la hauteur de coupe, les pratiques sont également amenées à évoluer. Jusqu’alors, il existait deux façons d’entretenir les pelouses.

 

La tondeuse, que les jardiniers utilisaient une fois tous les 10 à 15 jours, de fin mars à fin octobre, quand la pelouse mesurait 10 cm de haut, pour la réduire à 7 cm, et la faucheuse, employée une fois par an, entre août et septembre, pour les herbes de 0,80 m à 1,10 m de hauteur. Chacune de ces deux méthodes a toutefois ses limites : beaucoup d’arrosage pour la première, tendance à l’apparition de plantes indésirables ou invasives pour la seconde.

 

Deux solutions vont donc être mises en place dès cet été : augmenter de quelques centimètres la hauteur de coupe pour les tondeuses afin d’espacer les tontes et de rendre les pelouses moins dépendantes de la ressource en eau, et tester un troisième procédé de coupe : le gyrobroyage. Outil placé à l’arrière d’un véhicule agricole, le gyrobroyeur permettra de passer une fois par mois sur les parcelles où la végétation mesure entre 10 cm et 50 cm de hauteur.

 

Toujours dans le but de préserver les ressources, une attention particulière est portée à l’utilisation de l’eau. Les jardiniers sont en charge d’un patrimoine vivant pour le plaisir des yeux, pour la fraîcheur des espaces verts que nous apprécions tant en ces temps secs, mais aussi pour maintenir et développer une faune et une flore naturelles les plus variées possibles.

 

Le système d’arrosage, comptant 300 km de tuyaux enterrés, se déclenche selon les besoins de la végétation, entre minuit et huit heures du matin. Seules les plantations de l’année d’arbres et d’arbustes ainsi que les massifs de fleurs d’été sont arrosés en dehors de ces horaires, de préférence entre 8 heures et 10 heures le matin. À noter, un tiers du réseau s’approvisionne dans le lac et d’autres projets économes de ce type sont à l’étude, comme la récupération des eaux pluviales. 

 

Que de mystères…

 

Si une partie du fleurissement estival est dédiée au Tour de France, d’autres massifs, installés en mai, se dévoileront jusqu’à l’automne sur le thème “Jardins secrets, secrets de jardins”. 

 

Jardin potager interactif où nos cinq sens seront sollicités rue Juliette-Savar, jardin romantique à l’anglaise avec roses à foison à Marivaux, plantes grimpantes et coloquintes rappelant les grands voyages botaniques rue Arcos et Kennedy, découverte de la civilisation inca avec totems folkloriques, masques colorés et amaranthe tricolore, symbole d’immortalité, rue Déménitroux…
 
Cet été, les jardins n'auront plus de secrets pour les Cristoliens.

Jardin Inca