Vivre à Créteil

Les expos 2007


Archives 2007

PEINTURE

>> Benoit Manent


>> Elsa Ayache

>> Lino de Giuli

>> Martin Lord

>> Séverine Lange


Exposition Peinture

BENOIT MANEN

Un personnage est allongé dans un grand fond de couleur. Déposé sur l'horizontale du sol, un pied bouge encore, un bras entame une torsion. Sur le ventre, sur le dos, une tranche de bonhomme.

Mes séries partent d’une action simple, élémentaire, ici une roulade, précédemment le tour d'une chaise, dont le sujet ramène à la sculpture, la ronde-bosse. Des aplats acryliques très mats habillent les corps: vêtements et chairs. Le modelé est absent, le regard se cogne contre la toile.

Ma peinture fait le choix de la figuration, mais la figure se réduit à la figurine. Le jeu d’enfant, la roulade, devient gisant, jeu de mort, et réciproquement.


ELSA AYACHE

Le paradigme d’une fin de la peinture n’en finit pas de s’énoncer. Il s’agit de confronter la logique interne de cette théorie appauvrissante et sans croyance, à la matérialité de la pratique picturale qui ne la valide pas. Ainsi dans la perspective où la peinture ne soit pas définie encore aujourd’hui, il semble possible d’engager une recherche sur la pluralité de ses manifestations, notamment dans son rapport au numérique.

Avec les nouvelles technologies, les matières de la peinture auraient disparues.

Le numérique appréhendé non plus comme outil mais comme médium permettrait d’interroger ce qui se poursuit, se révèle ou s’annule de la peinture à son contact.
Peinture et numérique pourraient ainsi être abordés selon une lecture où ils ne sont plus séparés, opposés et encore moins dominés et dominants.

LINO DE GIULI

L’oeuvre de Lino de Giuli s'exprime sur des toiles fortes, mûres et silencieuses, déterminées par des constructions libres et rythmées, laissant percevoir une matière imperceptible et lisse.

Ces forces apposées, opposées et complexes mais claires et accessibles projettent un univers vivement structuré, rigoureux, sûr, intellectualisé et patient.

Langage tout en lignes droites qui se coupent ou se prolongent, se regroupent,  juxtaposées, isolées, serrées ou allongées.

Apparemment dispersées elles ne se rejoignent que pour former une géométrie stricte et épurée, restituant à l'espace ce qu'il a de plus volatile et de plus sérieux : l'équilibre…

In « hors sujet »  Hélène Benkö Poisot


Martin LORD

«C'est difficile de faire ça»

Cette proposition d'exposition est divisée, comme la galerie même, en deux paliers. En premier lieu, un ensemble de dessins accueille le spectateur vers l'escalier qui descend dans la salle inférieure, où on peut y voir l'installation photographique «Les mous». Ces deux étapes, discutent de manière parallèle du support et de l'image.

La base de ce projet est de trafiquer la matière de l'image, tant dans son sens que dans sa matérialité.

Parti de l’idée de la mollesse, j’ai dirigé une relation à l’image en proposant des sujets qui interpellent ce détournement entre le bidimensionnel de l’image et son interaction à l’espace.

Dure comme mollesse.
Le premier ensemble de dessins raconte des actions de personnages pris avec des objets mystérieux. Les sujets sont d'apparence statique et raide. Ces images décrivent une activité étrange dont le but nous échappe. La présentation de l'image est une réflexion sur la représentation du dur et du mou. Ce que nous y voyons est détourné par l'objet de l'image, ondulé et décollé du mur, l'apparence figée des figures entre en conflit avec les ondulations du papier.

Le sommeil est mou.
Le second ensemble montre deux personnages assoupis, comme leurs supports, qui ne peuvent se retenir de s'amollir dans ce sommeil. Au-dessus du sol, un homme est couché avec les extensions de ses membres pendants de l'image ; au mur, une femme nous fait face, et comme suspendue, elle croule avec la photographie qui se décolle du mur. L'image photographique étale ici, la souplesse de sa matière, baignant les sujets dans une douce rêverie. Tendue vers le sol, la flexion de l’image photographie est en combat pour maintenir son aspect fixe, plate, d’origine. Entre réalité et fiction, l’objet photographique plonge le spectateur dans la lecture concrète du sujet et de l’objet imagier. Dans les mous, nous assistons à l’émancipation de la chose photographique.
M.Lord


SEVERINE LANGE

Séverine Lange se consacre en grande partie à la peinture mais aussi à la photo et  la vidéo.
Ces trois médias lui permettent d’explorer les thèmes qu’elle aborde dans son travail.

«  Celui-ci porte essentiellement sur l’ambivalence des perceptions suscitées par ce qui est donné à voir, et qui s’articule autour de quelques mots clés fondamentaux ; le vide, l’absence le silence suspendu et le temps qui passe… Je cherche à interroger le visible pour appréhender l’indicible, pour tenter de capturer l’insaisissable…Je ne présente pas mon travail comme un ensemble de réponses toutes prêtes, mais plutôt comme des œuvres qui éprouvent la capacité du spectateur à se confronter à ce qui est induit   



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