Bloc-notes du maire

Répondre à vos attentes, assurer la tranquillité publique

 

Dans une enquête réalisée auprès des Cristoliens dans le cadre de la préparation des prochaines Assises de la Ville, vous êtes 81% à déclarer vous sentir en sécurité dans votre vie quotidienne. Ce sentiment largement partagé est le fruit d’un travail collectif des services de la Ville et de la Police nationale, qui devra se poursuivre.

 

Cette enquête révèle également vos fortes attentes en termes de tranquillité publique, c’est-à-dire de lutte contre les stationnements anarchiques, le dépôt sauvage de déchets, le non-respect des dates et horaires de ramassage des encombrants, les nuisances sonores générées notamment par les deux-roues… Ces attentes sont légitimes, tant ces incivilités abîment le cadre de vie et perturbent le quotidien de toutes et de tous.

 

C’est pourquoi vos exigences appellent une réponse forte de la part de la municipalité, en deux volets. Sera d’abord menée une campagne de sensibilisation et de rappel des règles quant à ces atteintes à la tranquillité, pour que chacun sache à quoi il s’expose. Cette phase de prévention sera ensuite complétée par une politique de contravention : des agents assermentés, sur le modèle de “gardes champêtres” urbains, seront mis en place pour sanctionner les incivilités. Ainsi, l’abandon de déchets sur la voie publique, le non-respect des jours de collecte des encombrants et le stockage permanent d’un conteneur ou bac à ordures ménagères seront punis plus sévèrement. Il faut sanctionner ceux qui troublent la tranquillité publique et portent atteinte à notre qualité de vie.

 

Grand débat national et dialogue de proximité

 

En réponse à la mobilisation sociale des Gilets Jaunes, le président de la République a souhaité instaurer un grand débat national. Pour en faciliter l’organisation, la Ville de Créteil met à disposition de celles et ceux qui en font la demande des espaces de réunion et de dialogue. Nos concitoyens sont également invités à exprimer leurs préoccupations, mécontentements et attentes dans des cahiers de doléances. Ceux-ci sont disponibles dans le hall d’accueil de l’hôtel de ville, dans les relais-mairie et, en version numérique, sur le site internet de la Ville.

 

En tant que citoyen et maire de Créteil, je rédigerai ma propre contribution, nourrie de l’expérience et des échanges quotidiens avec les Cristoliennes et Cristoliens. Toutes ces expressions seront retransmises au gouvernement et au chef de l’État : j’espère qu’elles seront entendues et suivies rapidement d’effets politiques concrets, faute de quoi, le risque serait grand d’aggraver les mécontentements et la défiance vis-à-vis des classes dirigeantes de notre pays.

 

En ce qui me concerne, j’ai la conviction que, seuls, la confrontation et l’échange permettent une action publique vertueuse et qui ne laisse personne au bord du chemin. Toutes les orientations et décisions prises par la municipalité s’appuient sur le débat public et les structures de participation démocratique mises en place de longue date à Créteil. C’est le cas, notamment, des Assises de la Ville, qui se tiendront en juin prochain avec, pour thème, “La ville de demain”, car imaginer le futur ensemble, c’est se donner un cap.

 

ZFE : privilégier le bon sens et la solidarité

 

La Métropole du Grand Paris souhaite proscrire les véhicules polluants sur une zone délimitée touchant au territoire de 79 communes situées dans la boucle de l’A86. Le déploiement progressif de cette Zone à faibles émissions (ZFE) s’appuierait sur le dispositif Crit’Air déjà en vigueur à Paris.

 

L’objectif de santé publique est, certes, louable, mais, pour Créteil, l’instauration d’une telle zone conduirait, dès le 1er juillet 2019, à interdire la circulation d’environ 4000 véhicules relevant du Crit’Air 5 et non classés. En outre, cette ZFE créerait, au sein de la ville, des coupures, avec le risque d’isoler des quartiers et de pénaliser, voire d’exclure nos concitoyens qui n’auront pas les moyens de changer de voiture. Quel serait l’impact économique sur les entreprises et les administrations qui devront, soit renouveler rapidement leur parc de véhicules utilitaires, soit trouver des stratégies de contournement ? Enfin, ne serait-ce pas simplement déplacer le problème, alors que rien n’est prévu pour diminuer le flux des poids lourds qui, dès le petit matin, et notamment sur l’A86, traversent nos villes à la queue leu leu ?

 

Au nom de la cohérence, de la justice sociale et du bon sens, je me suis donc refusé à mettre en place cette ZFE qui, parce qu’elle relève d’une écologie punitive, ne me semble pas adaptée aux enjeux sociaux et sociétaux de notre époque.

 

Laurent Cathala - février 2019