Bloc-notes du maire
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Baisse des APL : alerte sur le logement social

 

Les organismes HLM sont un rouage essentiel de notre pacte ­républicain. Main dans la main avec l’État et les collectivités ­locales, ils assurent la mission indispensable de fournir un logement digne et durable accessible à tous. Le projet de loi de ­finances présenté par le Gouvernement, en proposant une ­diminution de l’aide au logement (APL) de 50 € par mois pour les ­locataires du parc social, fait pourtant peser une lourde menace sur ce pilier du vivre ensemble et de la cohésion nationale.

 

En effet, cette baisse des aides engendrerait une diminution des investissements et donc, à terme, une dégradation des logements et du cadre de vie. Si le parc social ne se renouvelle ni ne se développe, ce sont, non seulement les occupants qui vont en souffrir, mais également la filière du bâtiment qui dépend de ces investissements. Par ailleurs, cette mesure représenterait une importante régression sociale. Face à la baisse des aides et à la nécessité de continuer à investir, ce sont, in fine, les loyers qui ­risquent d’augmenter pour maintenir en état le parc social.

 

C’est pourquoi la Municipalité s’oppose fermement à cette mesure. Nous ne saurions accepter une décision qui fragilise les plus précaires, quand, dans le même temps, est décidée une quasi-suppression de l’ISF. Est-il raisonnable aujourd’hui de creuser ­ainsi les inégalités ?

 

Réforme institutionnelle du Grand Paris

 

Région Île-de-France, Métropole du Grand Paris, départements, intercommunalités, communes : il serait aisé de céder aux ­sirènes démagogiques de l’empilement des structures administratives pour dénoncer l’enchevêtrement des compétences et la multiplication d’institutions politiques dispendieuses.

 

Cette vision erronée du mille-feuille territorial francilien est porteuse de grands dangers pour la démocratie. D’abord parce qu’elle jette l’opprobre sur des élus qui agissent au quotidien avec dévouement pour améliorer la qualité des services publics, ensuite parce qu’elle fait fi de la réalité des politiques menées dans le cadre des compétences spécifiques dévolues à chacune des institutions. Ne cédons pas au populisme du “Il y a trop d’élus” : la pluralité des structures ne constitue pas néces­sairement une source de dépenses supplémentaires à partir du ­moment où chacune exerce des compétences qui ne sont pas partagées.

 

Alors oui, profitons du débat qui est ouvert pour améliorer l’efficacité de l’action publique : il faudra notamment cesser de compromettre les capacités financières des communes, doter les intercommunalités d’une fiscalité propre et conforter les départements dans leurs missions. Mais il serait irresponsable, au nom de je ne sais quelle gabegie supposée, de mettre à bas 35 années de décentralisation par la création d’une métropole technocratique de plus de 7 millions d’habitants sans échelon démocratique intermédiaire entre la métropole et les communes. Assurément, cela se ferait au détriment, non pas des élus, mais de l’efficacité des politiques publiques menées localement en ­faveur de nos concitoyens et au plus près de leurs besoins.

 

Créteil, ville universitaire

 

L’Université Paris-Est Créteil est la plus grande université multidisciplinaire d’Île-de-France. Elle contribue au dynamisme et au rayonnement de Créteil tout en offrant à notre jeunesse les meilleures conditions de réussite. C’est pourquoi la Municipalité a toujours ­accompagné et encouragé sa croissance dans un partenariat enthousiaste et réfléchi.

 

En cette rentrée 2017, l’Upec a dû faire face à une flambée de nouvelles inscriptions. L’arrivée des enfants du baby-boom de l’an 2000 pose la question des moyens humains, financiers et logistiques pour les accueillir dans de bonnes conditions. ­J’espère que le Gouvernement entendra l’appel des responsables de l’université et prendra très vite les mesures nécessaires pour que l’enseignement supérieur continue d’assurer pleinement sa mission de service public.

 

Dans cet effort collectif, Créteil assure sa part : nous avons inauguré, en juin, la Maison de l’Innovation et de l’Entrepreneuriat étudiant sur le site des Mèches puis, en septembre, une ­résidence étudiante qui complète le projet. Sachant combien les conditions de logement pèsent sur les chances pour un ­jeune de réussir son parcours de formation, la Ville s’est engagée en ce domaine : les capacités d’accueil sur Créteil ont doublé en sept ans pour arriver à 1500 chambres environ. Et chacun des grands projets urbains en cours comprend la réalisation de résidences étudiantes : 400 chambres seront construites sur le site Pernod et dans le quartier du Palais, une centaine supplémentaire est à l’étude dans l’opération du Triangle Nord de l’Échat. Enfin, c’est tout un “village étudiant” de 500 à 600 chambres qui devrait voir le jour sur le site de l’ancien centre de tri de La ­Poste, projet comprenant une dimension culturelle et sportive afin de mieux intégrer cette vie étudiante au cœur de notre cité.

 

Laurent Cathala - Novembre 2017