Bloc-notes du maire

Téléval et qualité de vie

 

Le Câble A-Téléval, qui doit relier Villeneuve-Saint-Georges à Créteil, via Limeil-Brévannes et Valenton, est un projet novateur et structurant qui a obtenu l’approbation des élus concernés, du Département et d’Île-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports en commun de la région. Il est certain que ce téléphérique urbain répond, tant aux attentes des habitants, dans des secteurs encore mal desservis en transports collectifs, qu’à la volonté de dynamiser l’économie locale et aux exigences de développement durable.

 

Cependant, le trajet, entrecoupé de grands axes routiers et ferroviaires, et d’infrastructures lourdes, n’est pas des plus faciles. Pour ce projet structurant qui doit desservir cinq stations en 17 minutes environ, plusieurs variantes ont été étudiées au niveau de la station Pointe du Lac, passant notamment au-dessus des voies du métro ou de la RD1. L’hypothèse qui, à ce jour, semble avoir les faveurs de l’opérateur longerait le quartier Sarrazins 2 pour arriver au plus près du terminus de la ligne 8, passant à quelques mètres seulement des habitations. Je suis conscient des contraintes, notamment financières et de temps, propres à ce projet, mais il me semble indispensable de parvenir à un accord qui puisse concilier les objectifs d’amélioration des déplacements, de désenclavement des communes concernées et d’écologie, sans altérer le cadre de vie des habitants de notre ville. Aussi, ai-je demandé à Île-de-France Mobilités d’étudier un tracé alternatif tenant compte des recommandations de notre municipalité et du scénario proposé par un collectif de riverains, les premiers concernés.

 

Demandeurs d’asile : pour un accueil réparti justement

 

C’est de dignité humaine et de solidarité dont il est question aussi lorsqu’on aborde le droit d’asile. Et sur ce terrain également, Créteil assume pleinement sa part. Terre d’accueil pour des générations venues d’autres rives de la Méditerranée, pour les boat-people et pour tant d’autres qui trouvèrent ici une nouvelle terre d’attache, notre ville a su s’en enrichir, entrelacer les fils de ces vies pour en faire la trame solide de son histoire.

 

L’ampleur des dispositifs mis en place sur notre commune témoigne de la pérennité de cet engagement. Mais on constate aujourd’hui de tels dysfonctionnements dans la gestion de l’accueil des migrants que cela met en péril tout l’édifice. Il n’est pas normal que 45% des demandeurs d’asile se concentrent en Île-de-France; pas normal que les primo-arrivants attendent des mois pour un premier rendez-vous en préfecture; pas normal de voir des personnes vulnérables réduites à s’entasser dans des campements sauvages.

 

Paris et sa région sont classés comme saturés. Harcèlement, confiscation des biens des migrants, non-respect des droits fondamentaux, conditions de vie indignes : nous ne voulons plus être les témoins et les victimes collatérales des conséquences dramatiques de l’absence de politique d’accueil au niveau national. Pour sortir de cette impasse, l’accueil des primo-arrivants doit être réparti sur l’ensemble du territoire français, avec un programme d’intégration comprenant l’apprentissage de la langue, l’accès à des formations qualifiantes et aux dispositifs de santé.

 

Prendre soin des plus fragiles

 

Quand, chaque année, l’écart se creuse entre une poignée de grandes fortunes et la grande masse des populations du monde, entraînant des guerres, des exodes, un appauvrissement du plus grand nombre ; quand, en France même, l’évasion fiscale et les exonérations sur les bénéfices du capital se comptent en centaines de milliards, qui peut croire que ce sont les cheminots, les enseignants ou les aides-soignantes qui mettent en péril les caisses de l’État ?

 

Alors que La Cristolienne, un nouvel établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, vient d’ouvrir ses portes au cœur de la ville, je tiens à réaffirmer tout mon soutien aux personnels des Ehpad et unités de soins de longue durée qui, depuis plusieurs mois, tentent d’alerter le gouvernement sur une situation devenue intenable. La réforme de la tarification introduite par la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (dite “ASV”) se traduit, dans un contexte déjà tendu de sous-effectifs, par de nouvelles suppressions de postes, le non-remplacement des personnels absents, la précarisation et la remise en cause des droits des salarié.e.s. C’est un non-sens de loger à la même enseigne les établissements publics et privés en terme de financement, alors que les seconds facturent leurs services plus cher aux résidents et bénéficient de mécanismes fiscaux leur permettant de faire des marges. La prise en charge des personnes dépendantes ou en situation de handicap concerne chacun, chacune d’entre nous. C’est un enjeu majeur de solidarité et de dignité.

 

Laurent Cathala - Avril 2018